Décidément, l’affaire des logements du quartier Favard provoque bien des remous. A ce moment du débat, il me faut, peut-être, réaffirmer des positions et les expliquer. Il me faut, aussi, contredire de la manière la plus catégorique des propos qui circulent sur le blog de mon adversaire, mais qui sont, aussi, colportés par lui dans ses réunions de quartier.
Oui, en effet, je l’ai écrit à plusieurs reprises, nous nous élevons contre la politique du maire de Gradignan en matière de logements sociaux. Aujourd’hui, alors que la loi SRU prévoit un minimum de 20% de logements sociaux pour les villes comme la nôtre, nous n’atteignons péniblement que 13,3 %. Autre chiffre qui atteste de l’inaction actuelle, les objectifs fixés pour Gradignan, par le Programme local de l’habitat de la CUB en matière de logement social n’ont été atteints qu’à la hauteur de 60 %, en 2006.
Ces chiffres sont révélateurs de l’incurie de la municipalité et de son manque de volonté pour un sujet aussi crucial. La pression du foncier est telle, qu’aujourd’hui nos jeunes vivent de plus en plus loin de notre ville. Cette situation induit, pour eux, une double peine : d’une part, celle de ne plus pouvoir vivre dans notre ville et d’autre part, celle d’avoir à faire face à des dépenses de transport toujours plus élevées, à l’heure où le prix de l’essence grimpe sans jamais vouloir s’arrêter.
Oui, nous souhaitons, dans le respect de nos valeurs de gauche, pour nos jeunes, mais aussi pour les moins favorisés d’entre nous, des logements accessibles et de qualité dans notre belle ville. Mais nous souhaitons aussi que ces logements soient pensés en respectant une règle fondamentale, celle de la mixité sociale.
C’est pourquoi nous nous opposons au projet de Favard qui prévoit la construction, en un seul lieu, de 419 logements coincés entre la rocade et la maison d’arrêt. Pour nous donner une idée de l’ampleur du projet, récemment, l’ancien responsable du Service Urbanisme de la mairie comparait sa densité à celle du quartier Saint Géry, rien de moins.
Par ailleurs, au-delà de la concentration, le quartier Favard n’est pas adapté, tant du point de vue des infrastructures routières que du point de vue des services publics pour recevoir un tel afflux de population estimé entre 1.500 et 1.800 personnes. Ce projet de 419 logements comprendra 220 logements conventionnés et donc 199 logements en accession à la propriété. Au passage, on notera que les prix de commercialisation de ces derniers se situent autour de 3.300 € le mètre carré. A ces prix, je crains que notre souhait de voir s’installer nos enfants sur notre commune n’est pas encore pour demain. Nous ne voulons pas de telle concentration de logements. Notre conception de l’aménagement urbain est bien différente ; je l’ai déjà écrit ; elle repose sur la mixité sociale.
Au lendemain de notre élection, pour combler notre scandaleux déficit, nous lancerons la construction de petits programmes locatifs (taille maximale de 100 logements), répartis de façon harmonieuse et équilibrée sur l’ensemble du territoire de notre commune.
Je lis sur le blog de mon adversaire que nous allons construire des logements dans « une partie du Parc de l’Ermitage,…Mandavit…Saint Albe ». Dans ses réunions de quartier, mon adversaire répand les mêmes propos ridicules, absurdes et caricaturaux. De telles allégations datent d’une autre époque celle où on luttait contre son adversaire en le représentant « le couteau entre les dents ». De telles allégations sont révélatrices du refus du débat honnête, clair, serein, tout simplement démocratique.
Nous aimons notre commune verte, bien entendu, nous ne la défigurerons pas, nous conserverons à nos parcs leur vocation, à laquelle nous tenons.
Anne-Marie Keiser