
Habitant de Gradignan depuis 1986, heureux d’y résider, d’y avoir élevé mes enfants, j’ai naturellement conscience, en regardant le monde, ou plus simplement la vie de tant de gens, autour de moi, de faire partie des privilégiés. Privilèges d’une qualité de vie, d’une qualité environnementale, d’une qualité de quiétude…etc.
Quoique, sur chacun de ces points…
Mais, si, privilèges.
Derrière cette conscience, une idée, étouffée le plus souvent, confort oblige, me suggère que ce « bonheur », ces « privilèges » reposent sans doute aussi sur le repli sur soi, l’individualisme, la fermeture aux autres.
Honnêtement, dans la politique municipale de Gradignan depuis trente ans, n’était-ce pas cela, la ligne directrice : protégeons-nous. Restons entre « nous ». On est si bien. Et la nature est si belle !
Ne voyons-nous pas le monde ? Des pauvres, partout. Dans les pays du Sud, bien sûr. Mais à côté de nous, dans nos villes, à nos carrefours. Des moins pauvres peut-être aussi, mais ne pouvant décemment se loger, en tout cas, pas chez, nous, c’est trop cher. Des jeunes couples, par exemple.
Ainsi les décisions d’une commune ne seraient pas politiques. Mais qui peut le croire ?
Construire des logements sociaux (mais pas seulement), dignes, accessibles à tous (par exemple aux handicapés), peu concentrés, avec une vrai mixité sociale, avec de l’entraide, de la solidarité, du vivre ensemble, du partage (de joies, de peines, de savoirs, d’échanges (gratuits !)), cela ne serait pas politique ! Gradignan, qu’as-tu fait de la loi SRU ?
Accompagner par la pédagogie, les infrastructures, les services, l’indispensable changement de nos modes de vie, quant aux transports, à nos habitudes alimentaires, aux économies d’énergie… cela ne serait pas politique !
Changer, c’est difficile, seul. Mais collectivement (et c’est là qu’il faut une volonté municipale forte) aidés, encouragés, ensemble, le changement devient possible. Si nous le voulons vraiment. Pourquoi des villes et pays du Nord, beaucoup moins gâtés que nous par le climat, y arrivent-ils, et de quelles manières, sur les déplacements doux (ex. Pays Bas), les panneaux solaires, la géothermie, les éco-quartiers (ex. Allemagne)…
C’est déjà urgent pour nos enfants ! Et ce sera encore plus grave, les pauvres, pour nos petits-enfants. Arrêtons de croire, que sans toucher à nos comportements individuels, en continuant à polluer, à gaspiller, nous ne compromettons en rien l’avenir de nos petits-enfants. L’inconscience et l’égoïsme de notre génération sont affligeants.
Cependant ce que je dis là, je suis convaincu, que beaucoup de gens, oui, vraiment beaucoup de gens le pensent. A Gradignan.
La volonté de ces changements indispensables, sociaux, écologiques, sociétaux, elle est sincèrement dans le programme et dans le cœur de l’équipe qu’Anne-Marie Keiser a réunie autour d’elle dans une alliance fructueuse et franche entre le PS et les Verts, dont je fais partie.
L’avez-vous vu, ce programme, riche de tant d’autres propositions que celles qui concerneront les deux plans que je viens d’évoquer plus haut. Des propositions dont on peut être fiers. Comme celle d’un jumelage avec une ville du Sud (pas du sud de la France, d’Afrique du Nord, ou d’Afrique Noire). Ou plus prosaïquement ces ateliers de réparation de vélos, petit exemple d’économie sociale et solidaire, pouvant aider à la réinsertion. Fiers. Non de l’idée. Mais de la volonté de les réaliser.
Finalement, ce combat pour l’homme et la nature il se vit aussi à Gradignan. « Gradignan, ouvre-toi ! »
Ce combat, la gauche le porte. Doit le porter. Beaucoup de petites victoires dans les domaines évoqués ci-dessus sont là, proches, accessibles. A portée de voix. A portée de la mienne, que le 9 mars, je donnerai sans hésiter à Anne-Marie Keiser. Pour notre ville, pour notre pays, pour la planète. Et sa fragile humanité.
Avec Anne-Marie Keiser, nous penserons globalement, et agirons localement. Merci, Ellul.
Yves Sebire, du groupe Verts de Gradignan
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les autres membres de l’équipe