Vous parcourez Projet : une ville qui respire

Le site Internet de la Mairie publie actuellement une information concernant les habitants de la commune dont les habitations sont sinistrés suite à la « sécheresse » de l’été 2005. Le Journal Officiel du 22 février 2008 vient de reconnaître l’état de catastrophe naturelle sur la commune pour cet événement. Plusieurs dizaines de familles sont touchées.

Catastrophe naturelle, direz-vous : qu’est-ce-que les élus peuvent y faire ?

Poser une telle question c’est à la fois méconnaître les raisons, bien connues, de ces sinistres, et, surtout, le rôle des élus en la matière : agir pour prévenir les risques, et éviter de fâcheuses et coûteuses conséquences pour les administrés. J’ai alerté les élus à plusieurs reprises sur le sujet, dont une fois par un article publié en février 2006.

Lors d’une présentation faite par la municipalité sur son projet de P.L.U. en 2004, je me souviens de la réponse que M. Fabia, adjoint à l’urbanisme, avait faite à ma question concernant la prise en compte des risques sur la commune : « rien, puisqu’il n’y a aucun risque déclaré ». Comme souvent, sa réponse révélait, hélas, son ignorance flagrante des dossiers communaux (d’ailleurs, la commune est aussi recensée comme zone à risque pour l’incendie, comme chacun pourra le constater sur le site du Ministère de l’Ecologie http://www.prim.net ).

Il se trouve qu’en l’absence d’un Plan de Prévention des Risques établi sur la commune, et face à la répétition de ces sinistres (Gradignan avait fait l’objet de tels Arrêtés le 28 mars 1991, le 24 mars 1997, le 9 avril 1998, le 30 avril 2003, le 11 janvier 2005) des franchises ont été instaurées et leur montant est multiplié à chaque nouvel Arrêté depuis le premier janvier 2001. Avec trois Arrêtés publiés sous « l’ère Labardin », nous en sommes à 4 500 euros de franchise à la charge des propriétaires sinistrés ! Hélas pour leur pouvoir d’achat…

La modulation de la franchise cesse dès approbation d’un PPR sur la commune. La circulaire ministérielle enjoint donc aux maires de prendre leurs responsabilités. A Gradignan de prendre les siennes. Le minimum sera donc d’établir dans les meilleurs délais ce document.

On pourrait même ajouter que, comme le fait la Ville de Pessac en liaison avec des laboratoires universitaires, la commune pourrait en profiter pour jouer un rôle pilote dans une telle démarche, mais nous en reparlerons à l’occasion.

Denys Breysse

Au fil des discussions avec les habitants, les questions relatives aux transports collectifs apparaissent comme essentielles.

La nature et la qualité des transports urbains a en effet des conséquences à de multiples niveaux : l’aménagement de la ville, les relations entre quartier, le confort des habitants, la sécurité…

Est-il , par exemple, normal qu’il faille, quand on n’est pas autonome, une demi-journée pour aller de Malartic à sa banque du centre ville et rentrer chez soi ?

C’est pourquoi nous leur avons accordé une grande importance dans notre projet. Notre action devra accompagner des mutations indispensables :

-  la réduction de la circulation automobile, en particulier la circulation de transit, source de nuisances et d’insécurité. Cette réduction passe par le développement de solutions alternatives de transport collectif, par la création de parcs relais de stationnement… Elle accompagnera aussi le réaménagement concerté du centre ville;

-  une plus grande place laissée aux modes de transport doux (vélos, piétons…) et aux actions collectives (covoiturage, autopartage) pour lesquels la commune jouera un rôle incitatif;

- l’amélioration de la desserte de tous les quartiers par les transports collectifs. Il s’agira de combiner une grande variété de solutions : agir pour qu’existe un Transport en Commun en Site Propre (TCSP) permettant de relier efficacement Gradignan au tramway, intensifier les liaisons entre les quartiers et le centre de la commune, proposer un service de transport « à la demande » sous la forme de minibus… 

Loin d’une approche dogmatique, c’est dans la concertation que nous établirons les priorités, puis ferons des choix. Dans ce domaine comme dans de nombreux autres, ce n’est pas à l‘échelle de Gradignan, que ces questions devront être traitées, mais à celle de la CUB, où nous serons plus actifs que l’équipe sortante.

Lors des réunions publiques, de nombreuses propositions ont été faites. Ces dossiers ne sont pas simples à traiter. Ils devront l’être avec un esprit d’ouverture, avec le souci de tirer le meilleur parti des ressources existantes pour la collectivité. Je m’y emploierai.

Anne-Marie Keiser 

Derrière une façade de verdure, les locaux et les équipements collectifs de la commune sont souvent en piteux état. L’avenante médiathèque et l’accueillant Atrium de la Mairie ne sauraient servir de cache-misère. Une tournée des salles de réunion dans les quartiers, des gymnases, des bâtiments communaux convainc celui qui l’entreprend que la situation est sérieuse : infiltrations d’eau par les plafonds à la Tannerie, salles fermées depuis de nombreuses années à la MJC Malartic pour des raisons de sécurité, locaux délabrés de la « Maison des Associations » de Cayac. Et il n’y a pas que la sécurité : la plupart des bâtiments sont de vrais gouffres énergétiques (simples vitrages, éclairage dispendieux, chauffage inadapté…).

Les employés communaux, les habitants de Gradignan et leurs associations méritent mieux. Dès le début du prochain mandat, nous mettrons en place, sur la base d’un audit complet de l’ensemble du patrimoine, un plan pluriannuel d’investissement dans les locaux communaux. Nous poursuivrons plusieurs objectifs :

-         offrir des locaux de qualité, à la hauteur du service que les Gradignanais sont en droit d’attendre,

-         conduire les travaux dans un souci de réduction des coûts d’exploitation (chauffage, éclairage, consommation d’eau…) et d’entretien,

-         accompagner cette rénovation d’une stratégie d’innovation par le recours aux énergies renouvelables (par exemple en disposant des capteurs photovoltaïques en toiture), et par une optimisation du suivi du confort et des conditions d’exploitation (qui permettra une réduction des dépenses énergétiques).

Des indicateurs objectifs seront mis en place, pour suivre, au fil des années, l’efficacité et le retour sur investissement de la démarche engagée. L’ampleur de la tâche nécessitera des moyens financiers importants. Nous savons que ce sera un poste essentiel pour le futur budget communal.

Ce sera aussi un poste symbolique en matière de développement durable, dans la mesure où cette rénovation approfondie :

-         ce sera un plus écologique, avec une réduction du gaspillage des ressources naturelles,

-         ce sera un plus économique, avec des dépenses maîtrisées et des économies à long terme,

-         ce sera un plus social, avec des locaux et des équipements de qualité, dont les habitants et les associations pourront tirer le meilleur parti.

Denys Breysse