Dans son programme, le maire sortant fait état de quelques chiffres qui traduisent son action aux affaires. Il recense par exemple le nombre de logements sociaux construits, le nombre de demandeurs d’emploi placés par la mairie, ou celui des enfants dans les crèches municipales.
Derrière les chiffres il y a des personnes, que nous rencontrons chaque jour, dans la rue ou lors de nos porte-à-porte. Les statistiques s’effacent alors et font place à des expériences vécues, qui révèlent souvent un air de déjà vu.
Ainsi, de cette jeune maman, perdant son emploi et forcée d’accepter un emploi déqualifié chez un commerçant du centre ville pour que son dossier de demande d’aide puisse suivre son cours. Son désarroi n’en fut que plus grand quand on lui intima en mairie que, puisqu’elle ne travaillait plus, son enfant n’était plus prioritaire en crèche !
Ainsi de ce jeune homme, cuisinier, qui rêve de devenir employé municipal mais craint de ne pas avoir les « bonnes relations » pour y parvenir.
Ainsi de cette mère dont le fils en difficulté a été placé « en stage » dans un établissement local, mais qui, consciente du caractère fragile de ce placement, n’ose pas revendiquer, de peur de perdre le peu qu’il a obtenu.
Ainsi de cet habitant de Barthez à qui l’on avait fait miroiter pendant de longs mois un logement aux Fontaines de Monjous et qui n’apprit que le soir de la commission d’attribution que d’autres avaient été choisis.
A chaque petite histoire, nous pouvons associer un visage, un nom, une adresse. Les mots de piston, de favoritisme, de clientélisme reviennent souvent. Ces histoires accumulées confirment qu’à Gradignan s’est mis en place au fil des années un système de gestion que l’on pourrait qualifier de « clanique » qui, pour n’être pas illégal est néanmoins source de rancœur et de détresse. Il permet aussi de rendre redevables de nombreuses personnes, qui de citoyens deviennent sujets.
Demain, à Gradignan, ce système devra disparaître. Qu’il s’agisse d’attribuer des places en crèche, des logements sociaux ou de placer des chercheurs d’emploi, nous mettrons en place des procédures totalement transparentes. L’opposition municipale participera à la mise en place des critères et aux commissions de choix. C’est notre volonté. C’est une des conditions de la réhabilitation du politique.
Chantal Blanc et Bernard Pillac







